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(Nov. 02) Sommet de la francophonie à Beyrouth TOUNG V. N. |
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L’enjeu de Beyrouth est triple :
- affirmer le rôle de la francophonie dans la promotion de la diversité culturelle et linguistique
- renforcer le rôle de la francophonie politiquement parlant
- améliorer l’efficacité de la coopération francophone au service du développement solidaire
L’enjeu de Beyrouth en matière de diversité culturelle et linguistique est d’obtenir l’engagement des membres de la francophonie à se constituer en groupe de pression en vue de l’adoption, dans le cadre de l’UNESCO, d’une convention internationale sur la diversité culturelle.
D’autre part, Beyrouth devra réaffirmer le rôle central de la langue française dans l’action de la francophonie. D’ailleurs, la France et la communauté française de Belgique et le Luxembourg, ont adopté le 11 janvier 2002, en marge de la conférence ministérielle de la francophonie, un plan d’action visant à renforcer l’usage du français au sein des institutions européennes.
Autrement, en matière politique, la Francophonie étant une enceinte de débats ouvert et direct entre les chefs d’Etats et gouvernement, les questions internationales d’actualité telle que la question du Proche-Orient seront abordé dans le cadre de Beyrouth. Le but de ce sommet est également de faire prendre conscience aux 55 pays membres qu'ils peuvent avoir en commun non seulement l'usage du français (très minoritaire, pour ne pas dire fictif, dans plusieurs d'entre eux), mais des intérêts face à la mondialisation, des approches face à certaines crises, qui s'opposent au libéralisme pur et au "rouleau compresseur" politico-culturel américain.
De plus, à Beyrouth doivent être décidées les nouvelles formes de coopération en partenariat sur la voie de l’Etat de droit. Ce cette façon, la Délégation aux droits de l’homme et à la démocratie devrai voir croître ses moyens financiers et humains, afin de mettre en place un réseau d’observation de pratique et de la démocratie dans l’espace francophone.
Enfin, un rapport préconisant d’utiles réformes pour l’activité de l’Agence Internationale de la Francophonie (principal opérateur de la francophonie) seront présentés. Ces réformes ont pour but de relancer la coopération francophone.
Autrement, les documents finaux de Beyrouth devront souligner l’importance de l’assistance à l’élaboration de politiques nationales crédibles et l’animation de la concertation francophone, ces deux axes étant deux axes majeurs en matière de développement solidaire.
Que restera-t-il donc de ce sommet de Beyrouth ? Du point de vue la diversité culturelle,"Tous les pays membres ont pris conscience qu'ils ont intérêt à se concerter et à coopérer, que sinon ils sont plus démunis devant les instances multilatérales et face à la mondialisation en général", répond un conseiller de Jacques Chirac. La défense de la diversité culturelle est le premier terrain de prédilection de cette solidarité francophone. A cet égard, le document final déclare que les pays membres sont "décidés à contribuer activement à l'adoption par l'Unesco d'une convention internationale sur la diversité culturelle, consacrant le droit des Etats à établir et développer des politiques de soutien à la culture et à la diversité culturelle".
Du point de vue politique, le sommet de Beyrouth a été considéré comme un succès, de même que son organisation par les Libanais, lesquels ont joué leur rôle impeccablement, au point qu'on a pu voir - une fois n'est pas coutume - le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah au côté de l'archevêque maronite Sfeir dans le parterre des invités officiels. Le sommet de Beyrouth a été considéré comme un succès, de même que son organisation par les Libanais, lesquels ont joué leur rôle impeccablement, au point qu'on a pu voir - une fois n'est pas coutume - le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah au côté de l'archevêque maronite Sfeir dans le parterre des invités officiels.
La relance politique de la francophonie est supposée aussi porter sur les droits de l'homme. La déclaration finale affirme qu'il est temps de mettre en œuvre les bonnes résolutions énoncées il y a deux ans à Bamako, qui prévoyaient en particulier la création d'un mécanisme de surveillance, voire de sanctions. Jacques Chirac a insisté sur ce chapitre lors de l'ouverture du sommet : "Il est temps (...). La démocratie est certes un long chemin. Mais nous irons plus vite si nous allons ensemble et nul ne peut prétendre appartenir à notre famille s'il récuse ce fondement de notre héritage commun." Rien n'a été fait dans ce domaine ces dernières années, en dépit des proclamations antérieures."On compte sur Diouf", répond un diplomate français quand on le lui fait remarquer.
Sur les questions d'actualité, le sommet a appelé les pays membres à se mobiliser contre le terrorisme "dans le respect des droits de l'homme". Il a repris, à propos du Proche-Orient, les décisions du sommet arabe qui avait eu lieu il y a six mois à Beyrouth. Enfin, à propos de l'Irak, il s'est rangé à la position de la France ; une position que Jacques Chirac est allé ensuite conforter auprès du président syrien et du roi de Jordanie, lors de deux brèves escales à Damas et Amman sur le chemin du retour.
En matière de développement solidaire, la déclaration finale appuie l'initiative du nouveau partenariat pour le développement en Afrique (Nepad) et inscrit le développement durable au menu du prochain sommet, dans deux ans à Ouagadougou. Elle insiste d'autre part sur la priorité à donner à l'éducation, mais sans avancer de proposition concrète, si ce n'est de demander aux organes compétents de l'OIF de définir une "nouvelle stratégie". Dans certains pays de l'Afrique subsaharienne où 30 % seulement des enfants sont scolarisés, la question n'est pas l'enseignement du français, mais l'enseignement tout court, c'est-à-dire la création de toutes pièces de systèmes éducatifs, dont l'OIF n'a pas les moyens matériels et pour laquelle elle peut surtout aider ces pays à plaider leur cause devant la Banque mondiale.
Enfin l'innovation de Beyrouth a été la séance de débats à huis clos, où l'échange est supposé gagner en authenticité à l'absence des micros et des caméras. De ce huis-clos on n'a, par définition, rien su ou très peu : il fut question surtout des crises africaines. "Chacun, dit un des participants, s'est efforcé de démontrer qu'il était vraiment engagé dans un processus de recherche de la paix par le dialogue. Autrement dit, il s'exerce en ce sens une pression des pairs." Cette pédagogie devrait être renforcée à l'avenir par un mécanisme de prévention et de gestion des crises, dont la francophonie envisage de se doter et dont il sera question lors d'une prochaine conférence ministérielle en Suisse.
La construction francophone en est à une étape décisive. En dix siècles la francophonie a plongé ses racines d'abord en Europe, puis en Amérique du Nord et en Afrique, enfin sur les cinq continents. Aujourd'hui 600 millions de personnes, soit 10% de la population du globe, ont le français en partage, des valeurs en partage, un patrimoine commun. Mais cet acquis doit être défendu et étendu. |
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